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Le risque suicidaire chez la personne âgée

Depressed elderly woman at home
 

Le suicide chez la personne âgée : mythe ou réalité ?

 
3 000 personnes âgées de 65 ans et plus se suicident chaque année en France ; 70% de ces suicides ont eu lieu au domicile de la personne.
Plusieurs causes expliquent ces suicides : la perte de proches, le déclin cognitif et la perte d’autonomie, mais aussi et surtout la solitude : 27% des personnes âgées vivant à leur domicile ont moins de 5 discussions par mois.
 
La dépression est également en lien avec le taux de suicide élevé des personnes âgées : 90 % des tentatives de suicide chez les gens âgés sont reliées à un état dépressif. Dans 60 % à 70% des cas, les symptômes dépressifs présentés par les personnes âgées seraient négligés, méconnus ou mal traités.
 

Qu’est-ce qu’une crise suicidaire ?

 
La crise suicidaire est une crise psychique dont le risque majeur est le suicide c’est-à-dire la mort.
Il est important de noter que la crise suicidaire est moins la traduction d’un désir de mort que l’envie de se soustraire à une souffrance devenue intolérable. A ce stade, la personne n’entrevoit plus aucune autre solution que la mort pour être soulagée.
Comme toute crise, elle est temporaire et réversible sous réserve que sa cause soit entendue, comprise, soulagée.
 

Comment évaluer le risque de passage à l’acte ?

 
Tout comme la tristesse permanente n’est pas une composante ordinaire de la vieillesse, l’expression d’idées suicidaires ne l’est pas non plus. Si l’âge avançant, l’imminence de la mort est une réalité, l’expression de l’envie de mourir n’est pas normale ; elle ne doit être ni accueillie de manière anecdotique ni balayée d’un revers de la main.
Suite à l’expression, explicite ou implicite, d’une idée suicidaire, il va être important de procéder à l’évaluation du risque de passage à l’acte ; autrement dit de la détermination de la personne à se donner la mort.
 
Pour cela, 3 axes sont à apprécier
 

  • Le risque
  • Il s’apprécie selon des facteurs individuels (traits de personnalité, dépression, antécédents de tentative suicidaire, addiction, …), familiaux (abandon durant l’enfance, maltraitance, conflits intrafamiliaux, perte des proches) et psychosociaux (isolement, précarité, perte d’autonomie, placement en institution, …)
    Dans le comportement, on notera chez le sujet âgé un repli sur soi, un refus de s’alimenter, un manque de communication, une perte d’intérêt pour les activités, un refus de soin.
     

  • L’urgence
  • Elle est dite faible lorsque le sujet pense au suicide sans scénario précis, moyenne lorsque le scénario du passage à l’acte est envisagé mais reporté et élevée quand le sujet a planifié clairement son passage à l’acte dans les jours à venir.
     

  • La dangerosité
  • Elle est d’autant plus accrue que la personne peut avoir accès facilement à des moyens létaux.
     
    Une évaluation complète comprendra le repérage de facteurs de protection comme le sentiment d’utilité, une bonne estime de soi, une capacité à résoudre les problèmes ou encore un entourage familial ou social vécu comme soutenant par le sujet âgé et une capacité à demander de l’aide.
     
    C’est l’appréciation de l’ensemble de ces éléments, leur mise en perspective avec notamment le repérage d’une rupture par rapport aux comportements habituels qui constitueront une alerte pour l’entourage.
    Il faudra rechercher une dépression, envisager une souffrance somatique et éliminer une maltraitance.
     

    Qui fait quoi ?

     
    Est-ce que tout le monde peut faire cette évaluation ? Peut-être pas…mais l’essentiel est que, quel que soit votre rôle et place auprès de la personne âgée, vous entendiez l’expression de ce désarroi psychique afin de solliciter un proche aidant, le médecin traitant, une ligne d’écoute ou encore le centre médico-psychologique local.
     
    Méfiez-vous des idées reçues telles que « s’il en parle alors il ne le fera pas ! » Ne comptez pas non plus sur les limitations physiques et motrices. Les personnes âgées peuvent -malheureusement- être très inventives pour mettre à exécution leur projet suicidaire.
     
    Le risque suicidaire chez la personne âgée : une réalité mais pas une fatalité


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